05/05/2012

Elle s'appelait Sarah, Tatiana de Rosnay

Elle s'appelait Sarah« Zakhor. Al Tichkah» Ces quelques mots forts de Yiddish sont emblématiques de ce livre : « Souviens-toi. N’oublie jamais ».  Le devoir de mémoire.

Je ne sais comment écrire et organiser ma critique tellement ce livre a été fort en émotion. Il n’y a pas assez de mots dans la langue française pour décrire, commenter ou réagir à l’histoire de nos héros, surtout celle de Sarah.

Comme chaque récit sur la seconde guerre mondiale impliquant des faits de résistances ou autre collaboration, on reste sans voie, ému, tremblant d’émotion devant les choses que les gens ont dû subir. Cette histoire est certes inventée par l’auteur, mais on se prend bien au jeu de savoir ce qui est vrai du romanesque. En tout cas les faits historiques décrits sont réels. Sarah et sa famille n’ont pas existé en tant que tel décrit dans ce livre. Mais je suis sur qu’il y a du avoir quelques histoires ressemblantes ou similaires à celle de Sarah.

Cette histoire m’a attiré après avoir vu la bande annonce du film tiré du livre. Plus que les images, il me fallait lire ce livre pour vraiment ressentir en plein l’histoire. Chose que malgré un film de qualité, celui-ci ne pourra jamais rendre les émotions qui passent par des mots. Elle m’a attiré aussi car je ne connaissais pas ou très peu l’historie du Vélodrome d’hiver de Paris. 



Le devoir de mémoire parlons-en ! C’est une chose de nous apprendre l’histoire de France à l’école mais encore faut-il qu’elle soit complète. De la 4° à la 3°, au collège, on rabâche le pourquoi du comment, la monté du nazisme etc.… Mais l’éducation nationale et les autres institutions mettent de côté sciemment les événements qui les dérangent. Je parle bien sur de la rafle du Vel-d’hiv. Non, il ne faut pas oublier. Mais il ne faut pas non plus oublier que le gouvernement français de Vichy de l’époque a collaboré avec les nazis. Il ne faut encore moins oublier que c’est la propre police française qui a arrêté beaucoup de juifs de Paris ;  parmi eux énormément de femmes et d’enfants. Il ne faut pas oublier que la police française les a parqués comme des têtes de bétails en plein mois de juillet 1942, qu’ils ont transité par des camps français basés à Drancy, Beaune-la-Rolande et Pithiviers, pour pouvoir être envoyé et exterminé à Auschwitz.
Et tout cas nos belles institutions ont encore honte d’en parler ou tout juste murmurer. Une goutte d’eau dans un océan.

Voilà pour le côté « je fais ma bonne action . En parlant de cela, on est un peu dans le même état d’esprit que Julia Jarmond dans le livre. Une journaliste américaine mariée à un français qui va enquêter sur le Vel-d’hiv et va découvrir tout un pan de l’histoire de sa belle-famille. Une américaine considérée comme une étrangère de part son éducation non européenne et ses réactions. Mais comme elle on a envie de s’indigner, de comprendre, de critiquer l’Europe et les Français. J’ai trouvé que l’auteur y arrivait finement sans que cela choque trop pour nous bon français de pure souche. Oui il faut prendre notre Histoire telle qu’elle est. Et ne pas porter la honte du passé que les protagonistes de l’époque n’ont eu aucun scrupule à mettre de côté et ne pas réfléchir aux actes qu’ils commettaient.

Le pire dans tout cela, pour ma part, c’est que le peu de survivant qui reste ne peuvent même pas avoir honte car à cette époque, personne ne savait ce qu’il se passait. Et je ne comprends pas qu’encore aujourd’hui cela reste un sujet tabou. Il y a bien sur les plaques de commémorations à Paris et ailleurs, mais il y a encore de la gêne à en parler.

Sans vous dévoiler le contenu du récit, je peux vous dire que c’est une histoire poignante et singulière. Une histoire dure, mais pour tout public et facile à lire. Une histoire très romancée qui fait passer des messages forts par les qualités d’écritures de l’auteur et les personnages vivants que l’on croirait sortis des pages dans lesquelles ils sont enchaînés pour vivre « libre » l’histoire qu’ils doivent raconter. Un fait-divers qui aurait pu se passer dans n’importe quelle famille française et même dans la notre, tellement l’écriture de l’auteur est ciselée et consciencieuse et nous rapproche des héros que l'on pourrait très bien connaître.

Une fin  dans la continuité de la vie de Julia Jarmond, plus personnelle qui m’a moins emballé. Mais elle est l’un des nombreux messages que l’auteur à voulu faire passer à savoir les conséquences du passé sur le présent et le futur. 

Elle s’appelait Sarah, il s’appelait Michel, Stanislas, et bien d’autre encore. Ils sont morts gazés à cause d’un idéal haineux, absurde et inhumain. D’autre se sont échappés, ont tout perdu et ont vécu avec ce poids toute leur vie sans jamais en parler à quiconque. Mais il ne faut pas les oublier, et parler d’eux.   « Zakhor. Al Tichkah».

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6 commentaires:

  1. Un livre qui m'a beaucoup touchée aussi. Très belle critique!

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    1. merci, je regrette juste un peu le manque de structure ou de clarté dans ma critique. Je viens de voir tes dernières lectures sur ton site, j'attends avec impatience la critique de "de l'eau pour les éléphants" ;-).

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  2. J'ai beaucoup aimé cette belle histoire mais j'ai été moins convaincue par les parties sur la vie privée de Julia.

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    1. oui, pour ma part c'est plutôt la fin avec la relation entre Julia et le fils.

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  3. J'ai seulement vu le film que j'ai beaucoup aimé, j'ai plus qu'a lire le livre maintenant =)

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    1. Le film est trés ressemblant à ce qu'il paraît, mais j'ai volontairement refusé de voir le film avant de lire le livre, pour laisser faire mon imagination. (Je ne l'ai toujours pas vu).

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